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Les fondements méthodologiques de la Psychodramaturgie Linguistique


La spécificité du langage


Une langue vit, une langue se vit.


En raison de l’importance que revêt le langage dans notre développement physique, affectif, intellectuel, social et spirituel (notre conception de la vie, de l’homme…), nous ne pouvons réduire l’apprentissage d’une langue étrangère à l’enseignement d’un simple objet de savoir, comme dans le domaine de la physique ou des mathématiques.
Il s'agit donc d'acquérir la langue en la vivant comme moyen d'expression, de communication et de relation, plutôt que de l'apprendre de manière plus ou moins abstraite.


La procédure d'apprentissage en Psychodramaturgie Linguistique


La Psychodramaturgie invite à acquérir la langue en s'exprimant. Pour ce faire, elle propose un dispositif ou une situation-cadre en relation avec les participants et le groupe. Un lien étroit s'établit ainsi entre le locuteur et son désir d'expression, entre lui et sa parole, entre son vécu et son expression, et par là même entre ce qui est dit et ce qui est exprimé. La langue est découverte au fil des désirs d'expression des participants dans l'activité proposée. Cette adéquation entre le locuteur et sa parole facilite à la fois la compréhension et l’intégration de la langue étrangère, car les participants retiennent mieux ce avec quoi ils sont en résonance.

La procédure d'apprentissage que nous utilisons le plus souvent en psychodramaturgie propose un enchaînement à la fois précis et flexible qui offre un cadre sécurisant aux participants et aux enseignants.

Au début de l'apprentissage, c'est-à-dire lors de la première semaine d'un cours intensif, la langue naît dans l'ici et maintenant du groupe.
Par la suite, la vie du groupe est prise en considération dans la présentation des exercices et dans le choix des thèmes et des textes qui ont une fonction de déclencheur d'expression et qui contribuent en même temps à l'élargissement de leur expression en action et en relation.
Les besoins professionnels spécifiques sont abordés en partant des situations à maîtriser ou de textes qui éveillent un besoin de s'exprimer et créent de nouveaux besoins langagiers auxquels répond l’enseignant en fonction des réactions des participants, ce qui contribue également à un élargissement et à un approfondissement des connaissances.
Les participants sont interpellés sur le plan réel ou le plus souvent sur le plan imaginaire sans que nous entrions dans leur sphère personnelle (l'imaginaire n'a pas seulement une fonction stimulante mais également une fonction protectrice).


Chaque participant devient architecte de sa langue.


L'animatrice propose aux participants une activité qui stimule leur désir d'expression. Dès le second jour d'un cours intensifs, ce sont les participants qui décident eux-mêmes du contenu linguistique de leur séquence verbale (voir déroulement d'un cours).


Le tableau ci-dessous illustre les différentes étapes que peut connaître une unité pédagogique classique en PDL:


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Étape 1, Activité stimulante : Des activités-cadre structurent la rencontre entre les participants. Celles-ci reposent sur la configuration même de l'exercice les premiers jours (cf. miroir, double, relation triadique...) puis par la suite sur des processus d’identification, de projection, d’associations. Elles peuvent également partir de situations, de thèmes, de textes ou de documents en relation avec la vie et les besoins du groupe.

Étape 2, Expression du participant : Ces activités éveillent et stimulent le désir d’expression des participants et leur offrent la possibilité de déterminer eux-mêmes les contenus à l’intérieur de ce cadre. Ils s'expriment une première fois de manière plus ou moins élaborée en fonction de leur niveau de connaissance de la langue étrangère.

Étape 3, Recharge linguistique : L'animatrice, en position de double ou de miroir, élargit, renforce et corrige l'expression linguistique des participants en partant de ce qu’ils ont exprimé spontanément lors de l'étape 2. Avec des participants avancés cette recharge est parfois prise en main par les autres membres du groupe, l'animatrice ayant alors une fonction avant tout de soutien et de correction.

Étape 4, Activités de reprise : Ces activités reposent sur la modification d'un paramètre du dispositif d'origine ou de la situation de départ. Cette modification conduit à un "changement dans la continuité" (Giscard d'Estaing lors de sa candidature aux élections de 1974). Cette reprise de la situation dans des conditions légèrement différentes permet un réemploi souple et varié du nouveau matériel linguistique, ce qui en facilite l’acquisition. Elle contribue à un élargissement progressif des possibilités d'expression des participants, elle stimule leur imagination et donne souvent une nouvelle dynamique à la communication et à la relation entre eux.

Étape 5, Réflexion et informations : Cette étape a lieu, si nécessaires, à partir des questions et problèmes rencontrés par les participants lors de l’activité ou lorsque l'animatrice estime que l'explicitation d'un phénomène linguistique peut faciliter la correction langagière des participants. Elle donne parfois lieu à des informations d'ordre linguistique ou culturel. L'apprentissage conscient vient se greffer sur le processus d'acquisition.


Dans l'enseignement conventionnel les participants sont confrontés à une double aliénation : d'une part ce n'est pas leur langue (première aliénation) et d'autre part ce n'est pas leur parole (deuxième aliénation), car ils doivent parler de contenus qui ont été déterminés par d'autres.
Cette double aliénation rend plus difficile la communication entre les participants, elle réduit leur intérêt pour ce qui est dit ainsi que leur disponibilité et leur motivation, elle émousse leur concentration et diminue leur rétention mémorielle. D'une manière générale, elle freine les processus d'apprentissage et d'acquisition.


Créer une unité entre le locuteur et sa parole


Établir en premier une relation positive
avec la langue étrangère.


La PDL réduit la première aliénation en essayant d'établir une relation positive avec la langue et également en sensibilisant les participants dès le début de l'apprentissage aux particularités prosodiques et segmentales (sons) de la langue étrangère. La prononciation d'une langue est un des facteurs principaux qui participe au caractère étranger d'une langue.


Si ce sont leurs mots, cela peut devenir leur langue


La Psychodramaturgie supprime la deuxième aliénation en proposant des activités qui permettent aux participant d'être directement co-auteurs des contenus linguistiques qui s'échangent dans le groupe. Ils portent ainsi la co-responsabilité des contenus et de leur apprentissage.


Établir une atmosphère de confiance


L'animatrice créée, entre autres, par son mode de relation de aux participants, son respect de leur rythme et de leur chemin d'apprentissage et son attitude par rapport à l'erreur une atmosphère qui contribue à la réduction ou à la suppression des barrières créées par la peur de perdre la face. Elle permet ainsi aux participants de renforcer leur confiance en eux-mêmes, ce qui les incite à s'exprimer plus librement dans la langue étrangère et ce qui favorise par là même le processus d'acquisition.


La reconnaissance du rythme individuel de chacun
La PDL reconnaît que chacun a son rythme d'apprentissage et se fraye son propre chemin dans la langue étrangère. Cela signifie, par voie de conséquence, qu'il n'y a pas de contrainte à apprendre.


L'invitation à l'erreur
Dans l'enseignement conventionnel, la crainte de faire des erreurs conduit certains apprenants à s'exprimer "dans un silence grammaticalement sans faute".

En Psychodramaturgie, le fait que les animatrices considèrent l'erreur comme inévitable (il n'y a pas d'apprentissage sans erreur) et comme indispensable à tout apprentissage (faire des erreurs permet de découvrir les limites de la langue étrangère) contribue à réduire la crainte de s'exprimer des participants qui ont peur de perdre la face ou d'être jugés lorsqu'ils se trompent.

Les participants sont invités à prendre des risques pour élargir leurs connaissances de la langue étrangère.


Les exercices de relaxation et de respiration


favorisent la réceptivité des participants, augmentent leur capacité de concentration et contribue à la création d'une atmosphère d'attention sans tension.


Associer précision et flexibilité


Suivre au lieu de précéder.


La progression repose au début de l'apprentissage essentiellement sur des critères relationnels. Elle est soutenue par des exercices qui ont entre eux une relation étroite et qui forment un tout cohérent.

Ainsi chaque activité principale est, en général, précédée d'un échauffement qui prépare à un de ses aspects essentiels de l'exercice principal, que ce soit pour orienter les participants vers une fonction essentielle de l'exercice ( sensibilisation aux aspects rythmiques et mélodiques de la langue cible dans le miroir de groupe)ou que ce soit pour développer une attitude nécessaire à l'apprentissage (empathie, flexibilité et spontanéité) qui permettra de tirer le maximum de profit de l'exercice ou qui en facilitera le déroulement.

Des exercices intermédiaires alternent avec les exercices individuels ou avec seulement quelques protagonistes. Ces exercices font appel à la participation de tout le groupe et contribuent au développement de compétences qui facilitent l'apprentissage d'une langue étrangère (écoute, spontanéité...)

D'autres critères de progression sous-tendent le choix des activités en psychodramaturgie. Nous citerons ici les plus fréquents.

Critères relationnels : de l'individuel au groupe
Au début de l'apprentissage l'approche de la langue se fait tout d'abord de manière individuelle, puis, graduellement, la communication s'établit entre les membres du groupe, pour conduire progressivement à une implication de tous les membres du groupe. Cette progression tient compte de la vie des individus dans le groupe et de la vie du groupe.

Critères spatiaux : De l'intérieur vers l'extérieur
Dans un premier temps, la langue prend sa source et trouve vie essentiellement dans le groupe en présence. Par la suite, dans la phase II de l'apprentissage, les textes et les activités proposés aux participants ont une fonction de déclencheur ou d'élargissement de l'expression du groupe.
Certains exercices commencent par un retour sur soi (par exemple, quelle est mon opinion en quelques mots clés ou préparation d'arguments en sous-groupes ) avant de se tourner vers les autres (phase de rencontre et de discussion).

Critères expressifs : Du corporel au verbal
Nous passons parfois dans la mise en place d'un exercice d'une attitude corporelle, à une expression vocale (sons, logatomes...) puis verbale.


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Rencontre avec un autre participant
avec le soutien de l'animatrice


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Rencontre en dyades de tout le groupe


Par l'intermédiaire de la technique du double et du mode de construction de la séquence verbale les moyens linguistiques nécessaires sont fournis au fur et à mesure des besoins des participants. Le déroulement spiroïdal de la séquence et les techniques de reprise grâce à la modification d'un des paramètres de la situation permettent un réemploi diversifié du nouveau matériel linguistique et facilitent ainsi leur rétention mémorielle. Ces procédures facilitent en même temps un réemploi flexible de la langue étrangère.


Entrer dans la langue à travers sa prosodie


Entrer dans une langue étrangère,
c'est, en premier, entrer dans un rythme étranger.


La Psychodramaturgie accorde, dès le début de l'apprentissage, une importance particulière à la prononciation afin de rendre la langue étrangère plus familière et par là même plus facile à acquérir. Les critères de la méthode verbo-tonale créée par Petar Guberina (tension, hauteur, environnement, place dans la syllabe etc.) constituent une des bases fondamentales de la correction de la prononciation en Psychodramaturgie Linguistique.
Les participants sont sensibilisés aux caractéristiques rythmiques, mélodiques et articulatoires de la langue cible dès leurs premiers pas dans la langue étrangère. Ils développent une écoute et une reproduction précise des spécificités de cette langue, entre autres, en raison de la proximité vocale de l’animatrice derrière le participant, dans le cas du double, ou face à lui, dans le cas du miroir.
La Psychodramaturgie a également recours à des mouvements corporels spécifiques qui permettent aux participants de mieux percevoir et reproduire la dynamique corporelle à la base des particularités rythmiques, mélodiques et segmentales (sons) de la langue étrangère.
La Psychodramaturgie fait également appel à de courts poèmes qui mettent en relief de manière concentrée certaines caractéristiques/particularités de la prononciation de cette langue et contribuent ainsi à sa maîtrise.
Grâce à ces procédures, les participants pénètrent directement au cœur de la langue qui leur devient par là même moins étrangère. Ils peuvent plus facilement surmonter les barrières constituées par les composantes propres à la prononciation de la langue cible qui peut ainsi être plus facilement intégrée.
Ces techniques sont également adaptées aux participants avancés qui ont été insuffisamment corrigés lors d’apprentissages antérieurs.


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Marcher sur le rythme d'une phrase dans la langue étrangère


Acquérir le lexique en relation à soi et aux autres


Si ce sont leurs mots,
cela peut devenir plus facilement leur langue.


Tandis que les participants, pendant les premiers jours de leur apprentissage, se familiarisent avec la prononciation de la langue étrangère à travers les exercices de double et de miroir, ils se constituent en même temps un "noyau de langue" à partir duquel ils peuvent amorcer le début de leur propre séquence verbale dès le deuxième jour d’un cours intensif. L’animatrice part de ce début d’expression pour lui proposer un élargissement qu’elle développer en fonction de la manière dont le participant reprend celles-ci. C’est donc à partir des participants que la langue se développe dans le groupe.


L'accès au sens
L'accès au sens est facilité par la grande adéquation entre le locuteur et sa parole ainsi qu'entre la langue et la situation. De plus il y a renversement de l'exigence de compréhension : les participants étant à l'origine de leur parole au début de l'apprentissage, c'est à l'animatrice de comprendre ce qu'ils veulent exprimer pour leur donner le matériau linguistique dont ils ont besoin. La compréhension est également facilitée par le mode de construction de la séquence verbale qui permet un élargissement progressif des connaissances à partir de l'expression des participants. La langue se développe en tache d’huile autour de l’expression de départ du participant.


Le sens passe par les sens


Le sens (dénotatif) est également saisi à travers la perception de la signification (valeurs connotatives du message) exprimée en particulier par la tonalité de la voix et les nuances prosodiques qui accompagnent le message. Le sens passe, entre autres, par les sens, ce qui signifie que les participants orientent leur écoute non seulement sur le "quoi" du message mais sur le "comment" qui peut en modifier fortement la signification. Il est donc nécessaire d'intégrer dans l'apprentissage le développement d'une sensibilisation à d'autres modes de perception.


La rétention mémorielle des contenus
La relation étroite entre le locuteur et sa parole favorise la rétention mémorielle des contenus linguistiques. Celle-ci est, de plus, facilitée par le mode d'évolution de la séquence qui reprend de façon souple le matériel linguistique nouveau, par la technique de recharge (voir ci-dessous : Étape 3 du schéma Procédures d'apprentissage) et par les techniques de reprises qui permettent de reprendre la situation de départ en modifiant un de ses paramètre (voir ci-dessous : Étape 4 du même schéma).

En raison de l'unité entre le locuteur et sa parole, entre sa personne et ses désirs d'expression, entre la situation et l'utilisation de la langue, l'acquisition de la langue étrangère se trouve facilitée et la motivation des participants est stimulée.


Découvrir les structures de la langue


La grammaire n'est pas dissociée de la langue.


Tout énoncé repose sur l'emploi de règles conscientes ou inconscientes. La grammaire accompagne continuellement l'expression, car elle en constitue l'infrastructure.
La découverte du fonctionnement de la langue se développe, en partie, sur le plan cognitif, à travers les processus inconscients et conscients d'analyse et de déduction que font individuellement les participants lors de l'acquisition de la langue étrangère.
Il arrive cependant que certains phénomènes grammaticaux propres à la langue cible exigent des explications spécifiques. Dans ce cas, l'approche morpho-syntaxique consciente repose sur un des principes de base qui sous-tendent la psychodramaturgie : "Suivre au lieu de précéder". Cela signifie que nous n'abordons une règle que lorsqu'elle pose un problème. La réflexion grammaticale n'est donc pas programmée, elle s'élabore en fonction des problèmes rencontrés par les participants et des questions qu'ils se posent lorsqu'ils n'ont pas compris certaines corrections. Elle se situe donc en position de sortie („output“) et non d’entrée („input“), elle naît de l'usage de la langue.

Dans ce cas, il est fait appel, lorsque cela est nécessaire ou possible, à la technique de conceptualisation telle qu’elle a été développée par Henri Besse au début des années soixante-dix (cf. H. Besse : Les exercices de conceptualisation ou la réflexion grammaticale au niveau 2. In Voix et Images du Crédif1974/2, pp. 38-44). Les participants cherchent à découvrir et à formuler la règle avec leurs mots à partir de leurs erreurs et de phénomènes semblables déjà rencontrés. Ils sont orientés dans leur recherche, si besoin est, par l'animatrice, qui a avant tout une fonction structurante.
Il peut arriver également que ce soit l'animatrice elle-même qui propose une réflexion grammaticale si elle estime que celle-ci est utile et économique pour éviter une erreur fréquente ou importante.

La règle est d'abord formulée avec les moyens linguistiques du groupe. L'animatrice fournit ensuite, si besoin est, la métalangue nécessaire pour que les participants puissent faire le lien avec la terminologie employée normalement dans les grammaires pour désigner ces phénomènes.

Les procédures utilisées partent de l’état de connaissance et des besoins du groupe. Cette approche pédagogique n'anticipe pas les problèmes, mais répond, ici aussi à la demande ou aux besoins du groupe. La grammaire n’est pas séparée de l’usage de la langue, la réflexion vient se greffer sur l’expérience. Elle est, elle aussi, orientée vers les participants et le groupe.
L'apprentissage conscient vient se greffer sur le processus d'acquisition.

Pour certains phénomènes syntaxique dont le fonctionnement ne peut être découvert par le groupe (temps du passé, emploi du subjonctif en français ...), L'animatrice donne directement les indications nécessaires à la compréhension du phénomène. Ces explications reposent sur une conception intentionnelle de la grammaire (cf. Dufeu, 1982, 1993 a, 1993 b). Elle propose ensuite des situations dans lesquelles ces phénomènes sont intégrés afin de les faire vivre dans leur contexte d'emploi.


L'attitude face à l'erreur


L'erreur est considérée comme un élément indispensable à tout apprentissage car elle permet de découvrir les particularités, les possibilités et les limites de la langue étrangère. Elle contribue au développement de l'esprit de découverte, à la création d'hypothèses et au développement de l'esprit d'analyse à travers l'exploration des structures inconnues de la langue cible.

C'est pourquoi nous parlons d'erreur et non de faute, car ce dernier terme est souvent associé à une notion de culpabilité. Vouloir éviter les erreurs n'inhibe pas seulement l'expression des participants, mais freine également le processus d'apprentissage.

Cela ne veut pas dire que nous ayons une attitude de laisser-faire par rapport à l'erreur. Nous pensons que la dichotomie qui est souvent faite entre "communicatif" et "correction dans l'expression" est injustifiée. Plus nous nous exprimons correctement, mieux nous pouvons communiquer.

Lorsqu'un participant fait une erreur, nous proposons la forme correcte. En fonction de sa maturité linguistique, il reprendra et intégrera cette forme ou bien il aura besoin de plusieurs propositions de correction avant de pouvoir la maîtriser. Dans ce cas cette correction pourra être utile à d'autres participants et commencer à faire son chemin chez le protagoniste corrigé.


Cf. Les articles indiqués dans la bibliographie ainsi que le lien suivant qui résume notre position sur ce sujet :



L'approche des autres cultures


Une pédagogie de la différence


Le développement de certaines attitudes (ouverture, écoute, empathie, identification à l'autre, sens de l’observation...) contribue à la compréhension de “l’autre“ dans sa différence, c'est-à-dire dans sa spécificité et sa singularité ainsi qu’à la perception et à la reconnaissance des particularités et des différences des autres cultures.
Certaines procédures psychodramaturgiques favorisent la perception des images ou clichés concernant les locuteurs de la langue étrangère, elles permettent également de vivre de l’intérieur certaines particularités culturelles des pays concernés.
Une approche spécifique de textes reflétant les caractéristiques de la culture étrangère contribuent également à un élargissement ou à un approfondissement du savoir et de la connaissance de celle-ci. La Psychodramaturgie relève d'une Pédagogie de la différence.


L'approche de l'écrit


L'expression écrite est introduite progressivement dans l’apprentissage. Dans un cours pour débutants complets, les participants sont invités à la fin du deuxième jour à émettre en sous-groupe des hypothèses sur la transcription de mots d’expressions ou de courts énoncés qui font résonance en eux et qu'ils aimeraient savoir écrire. Leurs hypothèses sont comparées avec la transcription correcte. Leurs propositions sont intégrées dans des phrases qui, lorsque cela est possible, remettent les énoncés dans leur contexte d’apparition dans le groupe. Lorsque cela est nécessaire, certaines explication sur le fonctionnement de certaines particularités écrites de la langue cible sont données.
Lors de la première semaine les exercices sont essentiellement en relation avec la langue apparue dans le groupe. Par la suite exercices oraux et écrits sont de plus en plus imbriqués les uns dans les autres, tout en veillant à respecter les fonctions de la langue écrite dans leur emploi.
Il est également fait progressivement appel à des textes choisis le plus souvent selon des critères dramaturgiques et en fonction de la vie du groupe pour stimuler l’expression des participants et élargir leur connaissance et leur maîtrise de la langue écrite. Plus les participants avancent dans la maîtrise de la langue étrangère plus la maîtrise de la langue écrite, dans le cas de cours d'orientation générale, est prise en compte.


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Quels avantages offre la Psychodramaturgie ?


Comme nous travaillons depuis maintenant plus de trente ans avec la PDL, il nous semble utile de mettre en relief certains éléments qui ont déterminé notre choix et qui constituent les avantages de ce type d’approche :


no data Les participants s’approprient plus facilement la langue étrangère car elle est vécue directement (au lieu d’être essentiellement apprise) et elle correspond à leurs besoins, leurs désirs, leurs intérêts, leur réflexion. Ils sont à l'origine de la langue qui circule dans le groupe, ce qui renforce leur relation à celle-ci.


no data L'emploi de la langue est personnalisé et donc plus dynamique et plus libre, car elle est moyen d’expression, de communication et de relation entre les participants (au lieu d’être avant tout objectif d’enseignement). La langue est vivante et authentique.


no data Il naît ainsi une unité entre les locuteurs et leur parole. Cette unité locuteur-parole a un impact positif sur l’intérêt des participants à ce qui est dit (la parole est signifiante pour les locuteurs et les autres membres du groupe), sur l’écoute (écouter l’autre, quand on ne sait pas ce qu'il va dire présente un intérêt), la rétention mémorielle (on retient mieux ce qui nous parle), sur la motivation (l’envie de mieux maîtriser cette langue croît). De plus elle réduit la seconde aliénation dont nous parlions plus haut.


no data La langue est plus facilement intégrée, car elle répond aux besoins d’expression des participants. Elle leur parle.


no data Les activités présentent un double intérêt, non seulement un intérêt linguistique mais un intérêt personnel, ce qui augmente la motivation des participants.


no data Le désir d’expression des participants se trouve stimulé par ces activités, ce qui contribue à la dynamique du groupe.


no data Certaines attitudes, aptitudes et comportements nécessaires à l'apprentissage d'une langue sont développés à travers des exercices spécifiques qui facilitent l'acquisition de la langue étrangère.


no data La spontanéité et la créativité des participants sont renforcées par ces activités. Ils apprennent à utiliser la langue de manière flexible et établissent souvent un contact ludique avec elle.


no data Les capacités de communication des participants sont élargies grâce à la diversité des exercices proposées.


no data Les techniques de la séquence verbale, de recharge et de reprise favorisent également un emploi flexible de la langue et renforcent la fluidité des participants dans la langue étrangère.


no data En raison de l’importance accordée dès le début de l’apprentissage à la prononciation de cette langue, celle-ci devient plus familière, ce qui réduit les difficultés à la parler. Ils peuvent entrer en résonance avec cette langue et donc mieux l’intégrer.


no data Un grand nombre d’exercices permettent de développer une relation positive avec la langue étrangère, ce qui réduit les barrières liées à l'apprentissage d'une langue étrangère. Les participants éprouventr du plaisir à parler cette langue et se sentent plus facilement à l'aise dans celle-ci.


no data La confiance des participants en eux-mêmes augmente en raison de l’atmosphère qui règne dans les cours, de la relation empathique qu’établit l’animatrice avec les participants, de sa fonction de soutien, de son attitude face à l’erreur, du respect du rythme d’apprentissage de chacun ainsi que de l’esprit de coopération qui se développe dans le groupe. Ils apprennent à s’aventurer sans crainte dans la langue étrangère et à prendre des risques.


no data Une relation cordiale s’établit, en général, entre les participants à travers la langue étrangère, car ils peuvent se rencontrer de diverses manières à travers cette langue. De plus les activités qui font appel à l’imaginaire leur permettent de développer d’autres formes de contact entre eux.


no data La langue étant acquise en s'exprimant et en communiquant directement, son réemploi à l’extérieur est facilité, car il y a correspondance entre son utilisation ou sa fonction lors de son apprentissage et dans la vie courante. Nous avons ce qui est appelé en neurosciences un « effet de contexte ».


... Une approche en continuelle évolution


"Work in progress."
James Joyce


C'est un vaste champ d'action qui s'est ouvert à nous depuis trente ans. En cohérence avec les fondements théoriques de la Psychodramaturgie, nous développons continuellement de nouveaux exercices et de nouvelles techniques. Nous précisons et approfondissons progressivement ses fondements théoriques.

Nous améliorons également régulièrement la formation d'animateurs et d'animatrices en Psychodramaturgie pour répondre aux exigences de sa pratique.

L'utilisation et l'application de la Psychodramaturgie s'élargit et se diversifie également grâce à l'engagement de certaines animatrices. Alors qu'elle a été développée au départ pour l'enseignement des langues étrangères aux adultes, elle est utilisée maintenant avec les jeunes enfants et les adolescents, conçue pour être utilisée en groupe, elle est employée de plus en plus en cours individuels (monodramaturgie).

Après une longue phase de développement, la PDL rencontre de plus en plus d'échos dans divers pays européens. En 2007, un groupe de formateurs de PDL a créé l'Internationaler PDL-Verband (l'Association Internationale de PDL)pour contribuer à faire connaître la PDL et informer sur les formations ou cours proposés. En 2008 a eu lieu à Mayence le premier congrès de PDL.

La Psychodramaturgie constitue à la fois un perpétuel défi, en raison du potentiel de développement qu'elle révèle progressivement, et une continuelle invitation à voyager sur d'autres rives de la pédagogie.


© Bernard Dufeu, 2001.


Liens


Il est certes difficile de s'imaginer le déroulement d'un cours de PDL sans vivre directement cette approche à travers l'apprentissage d'une langue qui vous est étrangère, mais la description proposées par le lien ci-dessous peut vous aider à en comprendre partiellement le déroulement: